L’HISTORIRE :
n concert historique organisé avant même l’existence du groupe
Derry, Irlande du Nord. Dans une démonstration de sens du timing absolument irresponsable (mais visionnaire), le groupe U2 a livré, ce dimanche 30 janvier 1972, une performance mémorable de son futur tube planétaire Sunday Bloody Sunday.
Problème mineur : le groupe n’existe pas encore. Détail.
Selon plusieurs témoins « très sûrs d’eux » (et un type avec une caméra Super 8 qui jurait avoir “tout vu”), Bono, alors âgé de quelque chose comme 11 ans et demi, aurait déclaré au micro :
« Ce morceau, on l’a pas encore écrit, mais il va cartonner. Faites-moi confiance. » 🎤
Une ambiance électrique, entre pogo et couvre-feu
Devant des milliers de fans, coincés entre l’émotion historique et l’envie de rentrer avant le dernier bus, U2 a entamé les premières notes d’un titre pas encore composé, mais déjà repris en chœur par une foule prophétique.
| Élément | Niveau constaté |
|---|
| Intensité dramatique | 🔥🔥🔥🔥🔥 |
| Cohérence temporelle | ❌ |
| Crédibilité historique | « On s’en fout » |
| Irish vibes | 🍀🍀🍀🍀🍀 |
Un spectateur raconte :
« J’ai pleuré. Je savais pas pourquoi. La chanson parlait d’un truc qui venait de se passer, mais aussi de 1983. J’étais ému et confus. »
Quand le rock défie la chronologie
Sur scène, The Edge aurait utilisé une guitare encore à l’état de concept, pendant qu’Adam Clayton assurait une ligne de basse audible uniquement dans le futur.
Quant à Larry Mullen Jr., il battait la mesure avec une précision telle que le temps lui-même aurait hésité à continuer.
Les forces de l’ordre, interloquées, auraient déclaré :
« On comprend pas ce qui se passe, mais c’est très bien mixé. »
Un succès immédiat… 11 ans plus tard
À la fin du concert, le public aurait réclamé un rappel. Le groupe a promis de revenir en 1983, promesse tenue avec un album, une tournée mondiale, et des débats sans fin sur le sens des paroles sur Twitter (qui n’existait pas non plus).
Comme quoi, quand on croit en ses rêves, même la ligne du temps finit par lâcher l’affaire.
L’HISTOIRE :
📖 Bloody Sunday : un tournant sanglant dans l’histoire irlandaise
📍 Contexte historique : un climat de tensions extrêmes
Dans les années 1960, l’Irlande du Nord est marquée par de fortes discriminations envers les catholiques, qui se sentent marginalisés face à la majorité protestante, fidèle à la Couronne britannique. Inspirés par le mouvement des droits civiques aux États-Unis, des groupes nord-irlandais commencent à revendiquer l’égalité des droits.
Les tensions entre catholiques nationalistes et protestants unionistes se transforment en conflit ouvert à la fin des années 1960, donnant naissance à une période appelée « The Troubles ». Le gouvernement britannique envoie alors l’armée pour tenter de contrôler la situation.
À Derry, la situation est explosive : le quartier catholique de Bogside est une véritable zone de non-droit, régulièrement confronté aux violences policières et militaires.
📅 30 janvier 1972 : une marche pacifique qui vire au carnage
Le 30 janvier 1972, entre 10 000 et 15 000 personnes participent à une marche pacifique organisée par la Northern Ireland Civil Rights Association (NICRA). L’objectif est de protester contre l’internement sans procès, une mesure répressive autorisant l’arrestation de militants nationalistes sans jugement.
Malgré l’interdiction de la marche par les autorités britanniques, les manifestants se rassemblent et avancent dans les rues de Derry. L’armée britannique, déployée en grand nombre, décide d’intervenir avec brutalité.
15h30 : Les premiers coups de feu sont tirés.
Sans sommation claire, les parachutistes britanniques du 1er bataillon du régiment de parachutistes ouvrent le feu sur la foule, visant même des personnes en fuite ou portant secours aux blessés.
⚰️ Un bilan dramatique
Au total, 14 civils sont tués :
- 13 sur le coup,
- 1 autre succombera plus tard à ses blessures.
Parmi les victimes, aucun n’était armé, contrairement aux affirmations initiales de l’armée britannique. De nombreux témoignages et enquêtes montreront que les soldats ont tiré sans justification.
| 🏴 Nom | 🕊 Âge | 📍 Circonstances |
|---|
| John Duddy | 17 ans | Touché en pleine course |
| Michael Kelly | 17 ans | Abattu alors qu’il se cachait |
| James Wray | 22 ans | Fini à bout portant alors qu’il était blessé |
| Gerald Donaghey | 17 ans | Accusé à tort d’avoir porté une bombe |
| William McKinney | 27 ans | Touché alors qu’il tentait d’aider un blessé |
| 9 autres victimes | 16 à 41 ans | Toutes tuées sans justification |
Des dizaines d’autres personnes sont blessées et de nombreux témoins restent traumatisés à vie.
⚖️ Une enquête bâclée et des décennies d’injustice
Immédiatement après le massacre, le gouvernement britannique met en place une enquête officielle, la Widgery Tribunal, qui conclut que l’armée a agi en état de légitime défense. Cette version est jugée scandaleusement biaisée et renforce la haine envers Londres.
Pendant des décennies, les familles des victimes demandent vérité et justice. Ce n’est qu’en 2010, après une nouvelle enquête de 12 ans, que le rapport Saville établit clairement la responsabilité des soldats britanniques et confirme que les victimes étaient totalement innocentes.
Le Premier ministre britannique David Cameron présente alors des excuses publiques, qualifiant les actes de l’armée d’ »injustifiables » et de « honteux ».
🏴☠️ Conséquences : une escalade du conflit nord-irlandais
Le Bloody Sunday provoque un choc immense en Irlande du Nord et dans le monde entier. Pour les nationalistes catholiques, cet événement prouve que le gouvernement britannique est l’ennemi à abattre.
Les conséquences sont terribles :
- Une recrutement massif dans l’IRA, l’Armée Républicaine Irlandaise.
- Une intensification des attentats et représailles contre l’armée et les forces de l’ordre britanniques.
- Un point de non-retour dans la guerre civile qui durera encore plus de 25 ans, jusqu’aux accords du Vendredi Saint en 1998.
📢 Conclusion : une blessure encore ouverte
Le Bloody Sunday reste un événement marquant et douloureux dans l’histoire de l’Irlande. Bien que des excuses officielles aient été présentées, aucun soldat n’a jamais été condamné pour ces meurtres. Pour de nombreux Irlandais, justice n’a toujours pas été rendue.
🔎 Aujourd’hui encore, chaque 30 janvier, des commémorations sont organisées à Derry pour honorer la mémoire des victimes et rappeler l’importance du combat pour la vérité et la justice.
Crédit Photo : image de fond générée par l’IA de bing Chat
Bono détouré sur la droite : Michael Richardson, CC BY-SA 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0, via Wikimedia Commons